Signature d’un Protocole d’Accord de Coopération entre l’OFNAC et l’ITIE Sénégal : une alliance stratégique pour une gouvernance extractive renforcée
Dakar, le 17 mars 2026
L’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) et l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ont procedé, ce mardi 17 mars 2026 à Dakar, à la signature d’un Protocole d’Accord de Collaboration et de Coopération. Cet acte solennel consacre la rencontre de deux institutions aux missions distinctes mais convergentes, unies par une exigence commune de transparence, d’intégrité et de redevabilité, et marque une étape décisive dans le renforcement de la gouvernance publique au Sénégal.
Signé par Monsieur Moustapha KA, Président de l’OFNAC, et Monsieur Thialy FAYE, Président de l’ITIE, ce protocole met fin au cloisonnement institutionnel face aux risques complexes affectant l’action publique. D’un côté, l’OFNAC agit en tant qu’autorité indépendante chargée de prévenir et de combattre la corruption ainsi que les pratiques assimilées ; de l’autre, l’ITIE œuvre pour la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources extractives, secteur stratégique pour l’économie nationale.

Un partenariat fondé sur la complémentarité des missions
La cérémonie de signature, présidée par les deux institutions, a été l’occasion de réaffirmer la complémentarité de leurs mandats. Dans son allocution, le Président de l’ITIE, Monsieur Thialy FAYE, a souligné que « la transparence, à elle seule, ne suffit pas. Elle doit être accompagnée de mécanismes robustes de prévention, de détection et de sanction des pratiques frauduleuses et corruptives ». Une affirmation qui résume parfaitement l’esprit du partenariat, fondé sur l’articulation entre visibilité des données et efficacité des mécanismes de contrôle.
De son côté, le Président de l’OFNAC, Monsieur Moustapha KA, a insisté sur la dimension stratégique de cette coopération en précisant que ce protocole permet de passer d’une « logique de juxtaposition à une logique de complémentarité opérationnelle », soulignant qu’il « ne doit pas être perçu comme un simple acte de coopération administrative, mais comme un instrument de sécurisation de la gouvernance publique dans un secteur décisif pour l’avenir du Sénégal ».
Un cadre opérationnel pour sécuriser la gouvernance extractive
Le protocole vise à établir un cadre opérationnel de collaboration permettant de mutualiser les expertises et les ressources des deux institutions, dans le respect strict de l’autonomie de chaque partie. Il prévoit notamment :
- L’exploitation conjointe des données et des rapports ITIE pour identifier les signaux d’alerte et cartographier les vulnérabilités à la corruption, notamment en matière de bénéficiaires effectifs, de conflits d’intérêts et de flux financiers atypiques ;
- Le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des deux structures, ainsi que l’organisation d’actions de sensibilisation et de prévention ciblées sur le secteur extractif ;
- La conduite d’études sur les risques de corruption et le développement d’outils communs d’analyse ;
- L’instauration d’un Cadre de Réflexion Conjoint (CRC), composé de représentants des deux institutions, pour assurer un suivi effectif et dynamique de l’accord, orienté vers des résultats concrets et mesurables.
Un enjeu majeur face au développement pétrolier et gazier
Dans un contexte marqué par l’essor des projets pétroliers et gaziers, ce partenariat répond aux fortes attentes des citoyens pour une gestion responsable et équitable des ressources nationales. Au-delà de ses dispositions techniques, l’accord porte une ambition forte : garantir que les ressources naturelles du Sénégal soient gérées dans la transparence, l’intégrité et au bénéfice des citoyens. Comme illustré lors de la cérémonie, la transparence permet de rendre visibles les flux issus de ces ressources, tandis que l’intégrité garantit qu’ils profitent effectivement à l’ensemble de la population.
En unissant leurs intelligences et leurs expertises, l’OFNAC et le CN-ITIE envoient un signal fort d’une gouvernance publique moderne, fondée sur la coopération institutionnelle, la redevabilité et la confiance. Ce protocole, conclu pour une durée de trois ans renouvelable, s’inscrit ainsi comme un levier structurant pour accompagner le développement durable du secteur extractif et renforcer l’État de droit au Sénégal.
