Du 20 au 22 octobre 2026, l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a réuni les acteurs de Diourbel, de Mbacké et de Bambey autour de quatre textes majeurs adoptés en septembre 2025. Une série de Comités départementaux de développement (CDD) pour que la loi quitte les textes et entre dans les pratiques.
Un cadre institutionnel de premier rang
Organisés dans les trois départements de la région, les CDD ont été présidés par les préfets de Diourbel, de Mbacké et de Bambey, ce qui a donné aux travaux toute leur portée administrative et territoriale.
Le Président de l’OFNAC y était représenté par des membres de l’Assemblée de l’Office. À Diourbel, le Professeur Mouhamed Bachir NIANG et le Professeur Babacar NIANG, accompagnés de leurs collaborateurs, ont conduit la délégation. À Mbacké, c’est le Professeur Babacar NIANG, entouré de ses collaborateurs, qui a représenté le Président. À Bambey, les Professeurs Mouhamed Bachir NIANG et Babacar NIANG, avec leurs collaborateurs, ont de nouveau porté la voix de l’institution.
Pourquoi ces CDD ?
En 2025, le Sénégal a renforcé de manière significative son cadre juridique de lutte contre la corruption. Mais un texte, si ambitieux soit-il, n’a d’effet que s’il est connu, compris et utilisé par ceux à qui il s’adresse : autorités administratives, collectivités territoriales, services déconcentrés, organisations de la société civile, organisations communautaires de base, jeunes et médias locaux.
C’est l’objet de ces ateliers, organisés dans le cadre du Plan stratégique de développement (PSD) de l’OFNAC, avec le soutien de la Coopération allemande (GIZ) au titre du projet « Renforcer l’État de droit et la transparence » (REDTRA). Leur objectif : renforcer la connaissance et l’appropriation des nouveaux textes sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption par les acteurs territoriaux, communautaires et les citoyens.
Quatre lois, quatre présentations
Le programme de chaque journée a permis de parcourir les quatre textes, présentés par des cadres de l’OFNAC.
La loi n° 2025-12 portant création de l’OFNAC, présentée par M. Sidy MASSALY. Elle fait de l’Office une autorité administrative indépendante, dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Ses missions couvrent la prévention, la détection, la réception des dénonciations et le contrôle des déclarations de patrimoine. Elle renforce ses pouvoirs d’investigation et allonge le délai de prescription de l’action publique de trois à sept ans, à compter de la découverte des faits. L’OFNAC assure aussi la coordination de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, et son Plan stratégique 2026-2030 donne le cap.
La loi n° 2025-13 relative à la déclaration de patrimoine, présentée par M. Boly SONKO. Elle élargit le cercle des assujettis, parmi lesquels figurent les gouverneurs, préfets, sous-préfets, maires et présidents de conseil départemental. Elle précise les délais de dépôt : à l’entrée en fonction, à la sortie et lors de la mise à jour annuelle. Elle organise le contrôle de l’OFNAC, la confidentialité des déclarations et un régime de sanctions allant des mesures administratives aux peines pénales. Elle est complétée par un décret d’application du 18 novembre 2025 et par un Bureau d’assistance aux déclarants.
La loi n° 2025-14 relative au statut et à la protection des lanceurs d’alerte, présentée par M. Abdoulaye DIAGNE. Elle répond à une question simple : comment demander à quelqu’un de parler si on ne lui dit ni comment, ni à qui, ni ce qui le protégera ? Le texte définit le statut du lanceur d’alerte, organise deux voies de signalement (interne, auprès d’un référent, ou externe, directement auprès de l’OFNAC) et protège contre les représailles. Il garantit aussi les droits de la personne mise en cause, car une alerte déclenche un traitement et ne constitue pas une condamnation.
La loi n° 2025-15 relative à l’accès à l’information, présentée par M. Boly SONKO. Elle pose un principe clair : l’accès à l’information est la règle, le refus est l’exception. Toute personne peut demander un document public sans avoir à justifier ses motifs. Les organismes publics ont des délais de réponse précis, et un refus doit être motivé. La Commission nationale d’accès à l’information (CONAI) peut être saisie en cas de refus. Les organismes sont tenus de publier de manière proactive.
Des échanges au cœur de la démarche
Chaque journée a laissé une large place au dialogue : questions-réponses avec les participants, puis synthèse des travaux. C’est là que les textes se confrontent aux réalités locales. Qui doit déclarer son patrimoine ? À qui adresser une alerte ? Comment obtenir un document dans une mairie ou un service déconcentré ? Ces questions, posées par ceux qui appliqueront ou utiliseront la loi, nourrissent les recommandations qui seront compilées dans le rapport de mission.
Des lois qui ne valent que si elles sont appropriées
Ces rencontres rappellent une conviction de l’OFNAC : la lutte contre la corruption ne se joue pas seulement à Dakar. Elle se joue dans les préfectures, les mairies, les services techniques, les associations et les rédactions locales. Un agent public qui connaît ses obligations, un citoyen qui sait demander une information, un témoin qui sait comment alerter en sécurité : voilà ce qui rend les lois effectives.
Prochaine étape : la région de Fatick
La campagne de vulgarisation se poursuit avec les CDD de la région de Fatick, du 27 au 29 octobre 2026, à Foundiougne, Fatick et Gossas.
Pour en savoir plus
Les quatre lois peuvent être lues en ligne sur la page dédiée aux CDD, et les documents officiels sont disponibles sur www.ofnac.sn. Pour signaler des faits de corruption, le numéro vert de l’OFNAC, 800 000 900, est gratuit.

