Protection des lanceurs d’alerte

Qui est lanceur d'alerte

Vous êtes témoin, dans le cadre de votre travail, d'une pratique qui menace l'intérêt général ou la bonne gestion des ressources publiques ou privées ? La loi vous reconnaît un statut protecteur : celui de lanceur d'alerte.

La définition
Est lanceur d'alerte toute personne physique qui, dans le cadre de ses activités professionnelles, signale, communique ou divulgue de bonne foi des informations relatives à :

  • un crime ou un délit financier ;
  • une menace ou un préjudice pour l'intérêt général ;
  • une violation, ou une tentative de dissimulation, affectant la gestion des finances publiques ou privées.

La bonne foi est la condition centrale : vous n'avez pas à apporter une preuve irréfutable, mais à agir avec l'intention sincère de signaler un problème réel, sans intention de nuire.

Le lanceur d'alerte n'est pas seul
La loi reconnaît également d'autres profils, qui bénéficient des mêmes garanties :

  • les facilitateurs (associations à but non lucratif qui accompagnent un lanceur d'alerte dans sa démarche) ;
  • les personnes exposées à des représailles du fait de leur lien avec un lanceur d'alerte (par exemple un proche ou un collègue) ;
  • les entités juridiques contrôlées par un lanceur d'alerte.

Le cas particulier du « prête-nom »
Si vous détenez, pour le compte d'autrui, des biens, fonds ou avoirs d'origine illicite, vous pouvez volontairement les révéler à l'OFNAC. Cette démarche vous exonère de responsabilité pénale et peut ouvrir droit à une compensation, sauf si vous êtes identifié à la suite d'une enquête ou d'une dénonciation préalable.

Ce qui n'est pas couvert
Certaines informations restent protégées par d'autres secrets légaux et ne relèvent pas du régime du lanceur d'alerte : le secret de la défense nationale, le secret de l'enquête ou de l'instruction, le secret médical, le secret professionnel avocat-client, et les autres secrets protégés par la loi.

Comment signaler ?
Deux voies sont possibles :

  • en interne, auprès du référent désigné dans votre entité (obligatoire dans les structures publiques et privées concernées), avec une réponse attendue sous 2 mois ;
  • en externe, directement auprès de l'OFNAC, avec ou sans anonymat, par courrier, voie électronique ou téléphone, avec une réponse attendue sous 3 mois.

Si aucune suite n'est donnée dans ces délais, et en cas de risque de dissimulation des preuves ou de conflit d'intérêts, vous pouvez envisager une divulgation publique.

Garanties contre les représailles

Signaler un fait de corruption ne doit jamais vous exposer à un risque professionnel ou personnel. La loi n° 2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d'alerte encadre strictement cette protection, dans son chapitre III (art. 9 à 14).

Une liste précise de représailles interdites
La loi interdit expressément toute mesure de rétorsion à l'encontre d'un lanceur d'alerte. Quinze formes de représailles sont ainsi prohibées, parmi lesquelles :

  • le licenciement ;
  • la rétrogradation ;
  • la mutation punitive ;
  • le harcèlement ;
  • la discrimination ;
  • l'atteinte à la réputation ;
  • l'orientation abusive vers un traitement psychiatrique.

Toute mesure prise en représailles d'un signalement effectué de bonne foi est illégale, quelle que soit sa forme.

Une protection qui va au-delà de vous
La loi étend cette protection jusqu'au premier degré : vos parents et alliés proches sont eux aussi couverts si des représailles venaient à les viser en raison de votre démarche.

Une immunité pénale et civile

  • Vous ne pouvez être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé pour les informations que vous avez signalées, dès lors que vous avez respecté les conditions légales.
  • Vous bénéficiez d'une non-responsabilité civile pour les dommages éventuellement causés par votre signalement.

La confidentialité de votre identité
Votre identité n'est pas divulguée, sauf à l'autorité judiciaire et avec votre consentement. Cette confidentialité constitue l'une des garanties centrales du dispositif.

Si des représailles surviennent malgré tout
En cas de représailles avérées (menaces, violences ou autres formes de pression), une plainte peut être instruite selon les règles du droit commun. La loi ne se contente pas d'interdire les représailles : elle vous donne les moyens d'y répondre.

Et si votre signalement fait la lumière sur des avoirs illicites récupérés ?
Un fonds spécial de recouvrement, alimenté par les partenaires techniques et financiers et par les avoirs illicites recouvrés, peut vous récompenser à hauteur de 10 % du montant recouvré, en cas de condamnation.

(Référence : loi n° 2025-14 du 04 septembre 2025, chapitres III, IV et V)

Cadre légal de protection

L'ensemble des garanties présentées dans cette rubrique (définition du lanceur d'alerte, procédures de signalement, protection contre les représailles, immunité pénale, fonds de récompense) repose sur un texte de référence : la loi n° 2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d'alerte.

Vous pouvez consulter l'intégralité de ce texte pour connaître précisément vos droits et les conditions de leur mise en œuvre.

Télécharger la loi n° 2025-14 du 04 septembre 2025

Dénonciation

Un fait vous paraît anormal ? Dites-le. Nous prenons le relais.

Le Département des enquêtes, plaintes et dénonciations reçoit votre saisine, mène l'enquête et prépare le dossier à transmettre à l'autorité judiciaire.

Vos données sont protégées par l'OFNAC dans les deux cas. En choisissant l'anonymat, vous renoncez à connaître l'avancement du dossier. En vous identifiant, vous pouvez suivre votre dossier. Aucune démarche ne vous est facturée.

Dénoncer en ligne N° Vert 800 000 900 Le statut de lanceur d'alerte est une démarche distincte · en savoir plus