À l’occasion du Dialogue de haut niveau consacré à l’avenir de la commande publique dans le cadre de la présentation de l’ouvrage de Madame Awa NDOYE sur l’externalisation des marchés publics, le Professeur Abdou Aziz Daba KEBE, agrégé de droit public à l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) et membre de l’Assemblée de l’OFNAC, a porté la voix de l’Office.
Conduisant la délégation désignée par le Président de l’OFNAC, qui réunissait également M. Abdou BASSOUM, Conseiller technique en charge de la Planification, du Suivi-évaluation et de la Performance et M. Saliou DIOP, Chef de la Division Recherche et Etudes stratégiques, le Professeur KEBE a rappelé les exigences de bonne gouvernance qui entourent l’usage des deniers publics.
Qualifiant les marchés publics de véritables de véritables « nerfs de la commande publique », le représentant de l’OFNAC a insisté sur le poids financier déterminant de ce secteur au Sénégal. Avec un volume de prés de 3 000 milliards, soit prés de la moitié du budget national et plus de 33 000 documents de passation de marché répertoriés par l’ARCOP, la commande publique constitue une priorité de gestion absolue. Cette réalité prend un relief particulier dans un cadre ou les dépenses publiques globales sont projetées à 7 583,9 milliards FCFA dans le projet de Loi de Finances rectificative (LFR), sous de vives tensions budgétaires matérialisées par un déficit public attendu à 7,6% du PIB et un endettement souverain estimé à 130% du PIB. Dans cette perspective, la préservation des ressources publiques contre la déperdition causée par la corruption demeure un impératif fondamental en droite ligne avec les orientations du Référentiel national 2050 et les devoirs d’exemplarité fixé aux serviteurs de l’Etat.
Aussi, l’intervention du Professeur KEBE a mis en avant la parfaite concordance de cette vision avec le Plan stratégique de Développement (PSD) 2026-2030 de l’OFNAC. L’Office entend se positionner comme une institution au service exclusif du citoyen, protectrice de l’intégrité pour soutenir un essor économique et social pérenne. Cette trajectoire repose quatre priorités complémentaires : le développement de la prévention systémique et de la communication institutionnelle, la consolidation d’une gouvernance intégrée adossée à une lutte efficace contre la corruption, le déploiement d’une veille stratégique appuyée par la transformation numérique, des partenariats et du pilotage de la performance.
Abordant la thématique centrale de la rencontre, le Professeur KEBE a précisé qu’en cas de recours à l’externalisation des marchés publics, l’OFNAC veillera à l’instauration de balises exigeantes. Cette démarche vise à faire respecter l’obligation constitutionnelle de transparence inscrite à l’article 25-3 de la Loi fondamentale et à prémunir un secteur hautement sensible contre les risques d’atteinte à la probité, notamment en l’exécution efficiente de la convention de partenariat qui lie l’Office à l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP).
Le Professeur KEBE a, également, mis en exergue la solidité et l’efficacité opérationnelle du nouveau cadre juridique sénégalais, incarné par la loi n°2025-14 portant statut et protection des lanceurs d’alerte. Ce mécanisme novateur organise la réception et le traitement sécurisé des signalements ainsi que des voix d’autodénonciation pour les personnes interposées. Il accorde une couverture physique et administrative complète aux auteurs de signalement et prévoit l’administration d’un Fonds spécial habilité à leur allouer une rétribution financière correspondant à 10% des montants recouvrés par l’Etat.
En conclusion, le Professeur Abdou Aziz Daba KEBE a rappelé l’attente toute particulière que le Président de l’OFNAC, Moustapha KA, accorde aux enseignements et recommandations issus de ce dialogue scientifique de haut niveau, réaffirmant l’engagement résolu de l’Office à consolider l’éthique de la commande publique au bénéfice de l’intérêt général.

